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Mercredi 2 mai 2007


Poème : Safia, ma chair !

Ce premier jour, vieux souvenir
La pénétrant, je voulais ressortir
Je guettais le vacarme
Elle, semblait si calme
Me rappelant ma mère
Je délaissais sa terre!

La généreuse cédait
Me supportait, m’aidait
Acceptait ma ferveur
Apaisait mon ardeur

Esprit errant
Voyageant tout le temps
Pour semer mes torts
Autres jolis corps
Cette chair introuvable
Je suis indomptable!

La généreuse cédait
Me supportait, m’aidait
Acceptait ma ferveur
Soignait mes douleurs

Par peur de m’en lasser
J’évitais de l’embrasser
Sans trop me marrer
Pouvais-je me séparer
Habiter autres lieux
Me sentir mieux

La généreuse cédait
Me supportait, m’aidait
Acceptait ma ferveur
Cherchait mon bonheur

Un des grands Nils
De ses terres fertiles
M’étalant sur ses lieux
Privilèges du bon Dieu
Safia ma chair
Cesses de me plaire!

 

 

 

Par ESSERDI - Publié dans : h.esserdi
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Lundi 30 avril 2007

Portrait d’une personne parmi le cercle des connaissances

J’essayerai dans ces quelques lignes de décrire le portrait d’une personne qui m’était et m’est toujours très chère ! Non sans intimité ; c’est de l’ordre des confidences !

Dans sa région, il était connu du nom de Ssi Hassan. Un homme d’une taille légèrement basse, plutôt baderne, mais pas gros ou trapu! Une belle chevelure châtaigne, une physionomie nette, un beau visage gras, d’une blancheur étincelante, radieux et épanoui, des yeux de vache, saillants sur un nez droit et confortable, reposant sur de belles moustaches !

Il n’était pas riche, pas dénué non plus, il avait des petites et modestes affaires agricoles; enfin, il s’en sortait à peine!
On le trouvait rarement préoccupé par le problème d’argent ou discutant parmi de nombreuses personnes des sujets banals, il n’aimait pas beaucoup parler de politique et adorait plutôt les comptes désopilants, ludiques et épiques ; il aimait rêver !

Chez lui, il avait sa banquette pour s’allonger dans le salon familial et son fauteuil pour s’asseoir quand il le désirait. D’autre part, il ne manquait presque jamais de faire sa sieste et tous lui concédaient aimablement ces privilèges.

Il portait rarement un chapeau quand il montait sa moto sur laquelle, il semblait plutôt hautain ! Quant à sa marche, elle était pesée, légère et lente, les épaules écartées, regardant de sa hauteur, souvent le ciel ! Il avait son temps et était patient.

Il était généralement serviable dans ses voisinages, un peu audacieux et bannissant toute tentative superstitieuse, il n’aimait pas les familiarités, en particulier avec les voisins qu’il évitait courtoisement, même si sa femme s’en plaignait souvent ! En ami et entre nous, il m’en parlait souvent, pour finir par une expression figée:« Elle voudrait que je sois copain à nos chers voisins ; Bouchta le jobard et Hmida le suffisant! Je préfèrerais mourir… »

Il aimait terriblement sa femme et ses trois garçons et voulait qu’ils se distinguent du lot!
Bref, il représentait l'archétype du bonhomme heureux et responsable!

Par ailleurs, Ssi Hassan était un bon musulman, il ne manquait jamais de faire sa prière et surtout, de la faire à temps !
Il ne pouvait vivre autrement !

Quand il lisait ses versets coraniques pendant sa prière, alors que j’étais enfant, je cherchait à faufiler autour de lui pour l’écouter; je trouvais une énorme passion dans sa voix et surtout dans sa manière de réciter le coran !
En revanche, ces moments sacrés terminés, vient alors le temps de se retrouver en petite famille autour d’un repas, d’un film télévisé ou d’un spectacle !
A ce moment, ceux qui passaient à côté de sa maison, ne pouvaient ignorer sa présence ! On entendait  sa voix éclatante qui traversait les murs en pleine raillerie ! Les bruits d’une fête annonçant une ambiance ludique au sein d’une famille pas nombreuse ; seulement deux parents et leurs trois garçons !
Lors de ses scènes comiques, inopinées et si bien improvisées, Ssi Hassan, avait le rôle d’animateur principal après chaque repas ! L’anecdote faisait office dans la plupart des discours !Le sens de l’humour, la courtoisie et la bonhomie étaient de mise et ne pouvaient en aucun cas être oubliés par l’un ou l’autre des membres de la famille !
En fait, celui qui se fâchait, rendait plus lourdes ses pertes et finissait par le comprendre ! L’esprit humoristique s’imposait tel un vade-mecum de l’ambiance familiale.

A un âge avancé, Ssi Hassan gardait le sentiment d’un bon vivant !
Même au sein des rudiments et pendant les moments de détresse, banalisant les difficultés courantes, parlant avec l’autre, le taquinant, il trouvait une issue par l’humour!

Quand j’étais enfant, il me semblait que cet homme était infaillible ; il était presque toujours souriant et de bonne humeur, donnant l’impression qu’il baignait continuellement  dans le bonheur! Et pourtant, comme tout le monde, il avait assez de problèmes dans sa vie !...
Quand l’un des siens commettait une erreur ou manquait à son devoir, il le taquinait, incitant indirectement les autres membres de sa petite famille à se moquer de son geste! Ainsi, d’une pierre deux coups; il lui apprenait dans le rire, à se défendre en acceptant d’être critiqué d’une part et de l’autre, à se rendre compte de son erreur et éventuellement, la reconnaître devant tous et sans complexes!
Ssi Hassan apprenait ainsi aux siens « à apprendre » dans la tolérance et l’amabilité ! Il leur apprenait à s’ouvrir aux autres, les accepter, tout en restant ferme et combatif !

Quand je commettais une erreur, il simulait son mécontentement, me déstabilisant par un regard rigoureux, puis, me touchant, il souriait et me disait toujours à la fin « Tu apprendras, j’ai confiance en toi ! »

En fait, je connaissais cette personne depuis ma naissance, elle ne m’était pas que familière, elle faisait et fait encore partie intégrante de moi, de ma vie !

Si aujourd’hui je suis fier de moi, que je suis un gagnant dans ma vie personnelle, sociale et socioprofessionnelle, que j’ai plein de défis et que je suis un bon vivant, c’est parce que j’aime tellement mon père, Ssi Hassan,un père exceptionnel, comme personne! Son image et son bénédiction constituent mon meilleur réconfort ! Sa bonhomie, sa plénitude et sa sagesse emplissent ma vie et celles de mes enfants !
Avec lui, j’ai appris à ne jamais baisser les bras devant des challenges qui valent le coup ! A garder confiance en Dieu, à accepter la vie avec ses hauts et ses bas !

Bravo Ssi Hassan, mon exemple, mon meilleur ami !

 

 

 

 

 

Par ESSERDI - Publié dans : h.esserdi
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