Université cadi AYYAD Etudes Françaises
Faculté Polydisciplinaire de Safi Atelier d’écriture
Département des Lettres, Arts et des Hamid ESSERDI
Sciences Humaines Semetre V / 2007-08
Le château de mer de Safi
(Reportage)
«Castello novo» embellit encore la côte menacée de safi. L’édifice lusitanien siège encore sur le nord de la falaise Amouni, témoignant plus de la dégradation excessive des côtes que de la charge historique qu’il représente. En effet, le sort du château dépend de celui de la falaise portée à faut sous l’action dévastatrice de la mer.
Importance culturelle :
Le château de mer de Safi puise son importance culturelle dans l’histoire de la ville. Il raconte le complot colonial et la résistance locale (des saadiens surtout). Bâti en étape, tel que l’avait permis la stratégie, le château servait de factorerie au début (agence commerciale portugaise à l’étranger). Les portugais l’ont construit en 1491 après avoir signé avec le gouverneur de Safi un traité de vassalité.
D’un simple abri pour les agents commerciaux et un entrepôt des marchandises, la factorerie jouera après un rôle politique (dès 1498), et surtout militaire dès sa fortification en 1507. Safi fut colonisé en 1508. Le château de mer, fini en 1523, servait ainsi à maintenir Safi dans les mains portugaises et résister aux attaques libératrices des Saadiens qui avaient gagnée Safi en 1541.
Nous sommes allés voir les autorités concernées pour en savoir plus sur les causes de la dégradation et éventuellement le devenir de ce patrimoine historique de la ville.
En effet, selon les renseignements dégagés par nos différents entretiens à ce niveau, une étude profonde et concluante a été effectuée par un bureau spécialisé, à savoir,
"LPEE". Ladite étude permet de dégager la compléxité du problème d'érosion de toute la falaise Amouni dont le château en question fait partie intégrante. Les détails techniques communiqués
par le bureau d'études à cet égard font état non pas d'une simple usure érosive, mais d'une réelle dévastation souterraine, agressive et profonde.
La dégradation du château de mer :
Le retrait des portugais avait enclenché de suite des actes de vandalisme qui n’étaient pas sans conséquences sur les monuments de Safi. Le prétexte était qu’il ne fallait pas laisser les lieux de cultes entre les mains des infidèles. Mais la citadelle y a survécu. La nature demeure l’agent à craindre en ce qui concerne le monument côtier.
Safi garde encore en mémoire cet écroulement de 1937, le responsable est bien la houle. La mise en place de la jetée du port de Safi fit dévier le sens des vagues déferlées sur la falaise. Le nouvel angle entama la dégradation, faisant naître ainsi des cavités et fissures, s’ajoutant à l’encoche longitudinale sous Amouni. Les études pathologiques de la falaise support expliquent l’attaque maritime sur trois axes:
Ø Une action mécanique directe sur les rochers de la falaise lors du déferlement des vagues.
Ø Une dépression destructive qui se crée au fond de l’encoche lors du retour des vagues, faisant apparaître des fissures sur le massif d’Amouni.
Ø L’action chimique de la mer est aussi présente, outre le pouvoir érosif qu’elle possède, l’acidité des eaux maritimes de Safi est accusée. Rappelons que la ville abrite l’un des complexes chimiques importants du royaume.
Au terme de tout espoir de voir le château de mer de Safi résister aux tours de la nature, la disparition lui est promise tant qu’un réel intérêt ne lui soit destiné. La réhabilitation de la forteresse demeure un projet en discussion. Nul ne niera les essais précédents de colmater les importantes fissurations au dessous du château, lesquelles tentatives restent très vulnérables.
Sauvegarde de la citadelle :
Selon les autorités questionnées, plusieurs solutionssont envisageables, mais la contrainte budgétaire ou la relativité de leur efficacité font retarder la prise de décisions :
Ø Le remplissage des cavités avec des sacs de ciment :
La portée de cette solution est de neutraliser l’action mécanique de la mer. Le béton à prise rapide devra colmater les vides dans le massif supportant le château. Toutefois l’action de la houle menace aussi le béton qui doit être protégé par une maçonnerie. Cette obturation a fait l’objet d’une proposition de L.P.E.E.(le laboratoire spécialisé dans ce genre d’études au Maroc) Il s’avère normalement que l’action est onéreuse, d’autant plus qu’elle ne promet pas une solution définitive.
Ø Des digues en enrochement :
Il s’agit d’installer dans la mer des brise-lames en enrochement en contournant les soubassements du monument. Le but est d’atténuer la force de la houle. Cette solution a été elle aussi proposée par L.P.E.E. en 1996. Même réalisé, la stabilité du monument restera conditionnée par le remplissage des grottes. A noter ici les exigence techniques compliquées de cette opération.
Ø Mur de protection de la falaise.
C’est une autre solution qui vise à renforcer le bord de la falaise par un mur en béton ou en blocs tétrapodes. La construction de ce mur semble moins efficace que la mise en place des blocs préfabriqués, en témoigne l’échec de la solution similaire de 1937.
Ø Jetée avancée dans la mer.
Cette solution est plus concevable que les premières, du moins par rapport à l’esthétique du château. Elle consiste à installer une jetée (diuge de port) en avant des eaux immédiates au monument. Le socle rocheux sera davantage protégé du déferlement des vagues violentes (comme en témoigne l’image ci-dessus, prise par LPEE). Cette solution est réalisable malgré son coût élevé.
Promotion culturelle et touristique de safi :
Lors de notre visite du château en vue de réaliser ce modeste travail, nous avons constaté que le château est fermé aux visites ; les responsables nous ont appris que tant qu’une vision claire n’est pas encore formée à propos de cette problématique, autant vaudrait éviter les risques pour les personnes ! D’autant plus que le niveau d’hygiène laisse à désirer!...
Le risque permanent de démolition partielle ou massive empêche l’intégration effective du monument dans la promotion culturelle de la ville.
Il n’est de doute qu’en sauvegardant ces restes, on ne fera pas seulement durer la vie des pierres, au-delà, la vie culturelle de Safi s’en épanouira.
Photo,
Par H. Esserdi
04/12/2007
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