« Ce ne peut être que bien !… »

Une histoire contenant quelques unes parmi les trente et une fonctions du récit décrites par Vladimir Propp Iakovlevitch.


« Ce ne peut être que bien !… »

 

Il était une fois un roi. Un roi qui s’appelait Slimane, et qui régnait sur un beau et vaste royaume de richesses remarquables. Tant il était beau que les voisins voulaient s’en emparer. Mais la sagesse du roi et le dévouement du peuple repoussaient les mauvaises intentions.

Les voisins étaient à craindre, de nature, quelques peuples avaient des habitudes non humaines. Ceux-là ne se mariaient guère, ceux-ci se cachaient du soleil, et les plus menaçants mangeaient la chaire humaine.

Le roi Slimane, servait comme il pouvait son peuple, rare sont les jours où il laissait son conseil. Par ailleurs, la chasse était une activité qui prenait le roi de ses prérogatives faut-il le souligner ! Tellement le roi s’en passionnait qu’il se trouvait des fois bien au fond des forêts en train de chasser. Le peuple n’y voyait que rapprochement avec son chef.

Le gouverneur ne craignait rien dans ces sorties, dans son propre pays et parmi les siens, débusquer le gibier était d’un plaisir !

Un jour, et en préparant sa sortie, le roi par maladresse se coupa le doit en essayant son arc. Aussitôt une voix le consola que ce ne peut être que bien, et que Dieu seul sait quel bien y est caché. Furieux, le roi ordonna la prison à l’homme pourtant fidèle et cher à la famille royale. Son nom était Lahkim, et en dehors de servir son maître, il se passait de tout plaisir. Mais la colère des rois oublie vite les chers !

La punition fut immédiate, et Lahkim se vit privé de cette sortie là. Il ne pût que prier pour un rapide retour du maître ; la joie d’après la sortie lui fera changer d’avis à son propos.

Ainsi fût il. Le roi sortit avec peu de sujets, et en se dirigeant vers l’est, où les vastes forêts du pays promettaient plaisir et joie, rien au monde ne lui rappela sa dureté envers l’un de ses fidèles serviteurs. Le gibier emporta le roi loin cette foi, aussi loin que les bêtes commençaient à se multiplier ; les habitants du coin leur préféraient la chair humaine ! Et les étrangers, quelle qu’elles soient leurs importance chez eux, n’étaient dans ces bois que régal et fête, à moins que…

Inutile de se défendre, tellement la bande de notre roi était incapable d’assurer un retour au souverain, tous étaient passés devant le chef du clan. Quand il mangera, il donnera aux chasseurs le privilège de répartir la proie.

Dans la tête du roi restaient gravés les souvenirs de son pays, que ne donnerait-il pas pour revenir, ne serait-ce que pour quelques jours ; il rendrait liberté à toux les fautifs et fraudeurs, hélas, sa fin arrivait et il valait mieux honorer son peuple d’une mort courageuse.

Mort qu’il ne trouvera pas d’ailleurs, ni une autre moins digne d’un roi. Seul entre les proies, son doigt coupé ne validait pas son sacrifice par les autochtones, il fut ainsi relâché comme réprouvé, sauvé par son doigt.

« Ah Lahkim, et moi qui t’avais jeté en prison. Tu n’a été que sincère pourtant, et ce, pendant toute ta vie. Que ta récompense effacera la sotte injustice que je t’avais faite, pensa le roi alors qu’il courait vers ses frontières ».

Avant même de regagner ses chambres, et avant même qu’ordre soit donné, La liberté de Lahkim fut prononcé, le souverain l’honora de sa personnelle demande d’excuse, ce qui n’est pas courant chez un souverain…

Le roi demanda à Lahkim s’il avait souffert à la prison, mais, comme d’habitude, ce derneir lui répond encore « Ce ne peut être que bien … » Le roi s’étonna de nouveau et devient attentiste à ce personnage énigmatique, pour attendre son explication. Encore plus calme que d’habitude, Lahkime, invité par les circonstances à révérer son roi, lui répondit qu’en rien la prison n’était un mal pour lui, au contraire, il n’aurait pas été là, en ce moment, s’il était sorti chasser à côté du roi le jour de l’incident ; il aurait tout simplement été dévoré comme tous les autres!!

Le roi reconnut que bien des événement apparemment mauvais cachent le bien que l’homme cherche de toute sa raison, et depuis ce temps là, Lahkim fut nommé conseiller du souverain.

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